Aleksandr Dmitriyevich Protopopov, (né le 30 décembre 1866, Moscou, Russie- mort le 1er janvier 1918, Moscou), homme d’État russe qui fut le dernier ministre de l’Intérieur de la Russie impériale (1916-17).

Propriétaire terrien et industriel, Protopopov est élu délégué de la province de Simbirsk (aujourd’hui Oulianovsk) à la troisième Douma (assemblée législative russe) en 1907 et rejoint l’aile gauche du parti octobriste conservateur. Réélu à la quatrième Douma (1912), il en devient l’un des vice-présidents et, après le début de la Première Guerre mondiale, il apporte son soutien au Bloc progressiste, une coalition de groupes politiques formée en 1915 pour promouvoir l’effort de guerre et l’unité nationale. L’année suivante, il dirige une délégation parlementaire de « bonne volonté » en Grande-Bretagne, en France et en Italie. Sur le chemin du retour, il s’entretient à Stockholm avec un agent allemand sur les perspectives de conclusion d’une paix russo-allemande séparée. Malgré la désapprobation publique de cette action, il est bien accueilli à son retour par le tsar Nicolas II ainsi que par la tsarine Alexandra et son proche conseiller Raspoutine ; peu après, en septembre 1916, il est nommé ministre de l’intérieur dans le cabinet de Boris Vladimirovitch Sturmer.

Alors que ses collègues de la Douma avaient considéré Protopopov comme un libéral modéré méritant leur respect, ils le condamnent comme un renégat lorsqu’il entre au gouvernement. Manquant d’expérience administrative, il a minimisé la menace de révolution en Russie. Il n’a pas non plus réussi à soulager les graves pénuries alimentaires à Petrograd et dans d’autres villes. Lorsqu’il ordonna à la police de prendre des mesures sévères pour empêcher l’éclatement d’émeutes, il ne réussit qu’à contribuer davantage au mécontentement croissant qui éclata en mars (février, ancien style) 1917, dans une série de grèves et d’émeutes qui renversèrent le régime impérial, y compris Protopopov. Emprisonné dans la forteresse Pierre-Paul après la révolution de février, il fut ensuite fusillé sur ordre de la Tchéka (police politique) communiste.

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